Perruque "Royale"


Statut en bronze avec une perruque

La perruque trouve sa genèse à la cour du roi Louis XIII. En son temps, la mode est aux cheveux courts. Mais le roi aimait les cheveux longs, donc certains courtisans s'ajoutaient des cheveux supplémentaires. Ces cheveux étaient positionnés à l'arrière de la tête en queue flottante. Louis XIII perdit précocement ses cheveux à 30 ans. Il adopta donc la perruque pour camoufler sa calvitie. Le monarque autorisa dès 1634 la création de places de perruquiers-étuvistes. Ces artisans façonnaient 2 types de perruques : la calotte qui liée aux cheveux équivaut aujourd'hui au complément capillaire et la moutonne qui correspond à la perruque totale.

 

 

 La perruque au temps du roi soleil

 

 

C'est sous le règne de Louis XIV que la perruque connut son apogée. La perruque royale est alors longue, bouclée, frisée et tombante jusqu'aux épaules. A Versailles, la perruque "tours" précède la perruque "fenêtre". La mode étant de copier le roi, tout le monde se mit à porter la prothèse capillaire. Ces accessoires de mode iront jusqu'à imiter les évolutions capillaires du Roi soleil au fil du temps, et ce, durant ses 72 ans de règne. 

 

 

 La couleur des perruques sous Louis XIV 

 

 

Au début les perruques étaient blondes, étagées de boucles tombant sur les épaules et le dos. Par la suite elles devinrent brunes, puis noires descendant jusqu'à la ceinture. Vers la fin du règne de Louis XIV, les perruques étaient cendrées ou blanches, poudrées et parfumées. Pour blanchir les prothèses capillaires on utilisait un mélange d'amidon, de bois vermoulu et d'os desséchés que l'on parfumait (c'est un peu le début des effets spéciaux). Bizarrement la perruque est longtemps restée une affaire d'homme puisqu'il faut attendre 1730 pour les voir sur la tête des dames.

 

 

  Des chefs d'œuvres d'inventivité…

 

 

Côté fourniture et matière première, le perruquier royal s'approvisionnait en cheveux dans les Flandres, pays de la bière qui contribuait à la bonne qualité du cheveux. A l'époque près de 50 chevelures étaient nécessaires pour confectionner une prothèse royale. Trésor d'ingéniosité et instrument d’apparat, certaines perruques abritaient des manivelles afin de pouvoir les baisser pour passer les portes des palais. Ces postiches étaient de vrais nids à poussière et à vermines comme on dit il y avait à boire et à manger là-dedans. D'ailleurs il n'était pas rare d'y trouver des pièges à souris. On comprend cette nécessité de parfum également car à cette époque, l'eau était considérée comme vecteur de maladies, donc le lavage à grande eau était inenvisageable.

 

 

Plus le temps passait et plus les perruques étaient élancées sur de grandes structures en bois. Par conséquence il était fréquent que les perruques pèsent 1 kg. Cela représentait une vraie lourdeur pour la tête et les cervicales. Ces poids engendrait compressions du crâne, maux de tête ainsi que des frottements de la perruque. Louis XIV variait les plaisirs et portait différentes perruques selon les moments de la journée.

 

 

Et la perruque, comme la royauté s'en est allée.

 

 

Avec Louis XV, les perruques étaient poudrées. Cette ère vit l'abandon des perruques lourdes et volumineuses au profit de perruques plus petites et poudrées avec de la farine ou poudre de riz. En 1789 à Paris, on recensait 972 perruquiers. Mais 1789 c'est aussi l'aube de la Révolution française. Dans une quête d'égalité, de liberté, de fraternité et de citoyenneté  la perruque devenait l'un des marqueurs de ce que rejetait la société de l'époque. La Révolution mettra un terme au port de la perruque, signe aristocratique par excellence, un arrêté du 21 novembre 1793 interdisant son port. C'est ainsi que la perruque, tout comme la royauté tirèrent leurs révérences.